Le Grand Canyon du Verdon – Edition 2018

N’oubliez sous aucun prétexte les majuscules de ce Grand Canyon du Verdon! Considéré comme l’un des plus beaux parcours d’Europe, surnommé « the French Grand Canyon », le canyon le plus profond de France (plus de 700m au point culminant) vaut le voyage à lui tout seul! Pour cette sortie la délégation lyonnaise interclubs dépêchée sur place a fait forte impression. La fine équipe était composée de Luc et Ronan du CKLOM, JS, Nico F et Nico Re du CKTSV, et Nico H et sa fille Julie (seule représentante de la gente féminine) du CKDM. 

Le départ se fait le vendredi 14 septembre au soir après le chargement des Audis (celle de Luc et de Nico H) et direction le camping. Décidément le kayak a bien changé, maintenant on roule en Audi et on paie un camping 3* pour dormir. Durant le trajet, Nico F se sera extasié devant l’extrême précision (chaque caillou avait sa place) du guide du Verdon amené par Luc. Deux mentions spéciales: une pour le picnic sur l’autoroute face au Vercors, et une pour la doublette de flashs dans le col de la Croix Haute. Arrivée vers 23h au camping de Moutiers Ste-Marie pour une bonne nuit avant d’attaquer la descente de l’année.

Le camping

Samedi 15 septembre

Réveil à 8h pour un départ à 9h du camping. Deux options se présentent à nous une fois la voiture laissée en bas: s’entasser à 7 dans le Q5 (prévu pour 5) ou en mettre seulement 5 et désigner deux volontaires pour remonter en stop. Nous avons retenu la 2e option et une heure plus tard (pas mal pour du stop sur un trajet prévu pour durer 45 minutes), nous voici au départ prêts à embarquer. La descente du Grand Canyon du Verdon est assez singulière. Elle est longue: 25km de navigation pour une durée de 7 à 8h en comptant les repérages et les portages, et mentalement exigeante: pas de prouesse technique puisque la difficulté moyenne est en classe III mais la marge d’erreur est limitée pour ne pas dire inexistante en raison de la présence de nombreux siphons à chaque rapide.

Le début est assez calme (cl.II-III) et permet d’apprécier le cadre qui est tout simplement grandiose! Puis arrive le premier rapide qui met la pression: celui de l’Estellier (mot d’origine latine signifiant « éclairé par les étoiles »). Y’a pas à dire les Romains avaient l’esprit synthétique. Repérage depuis une passerelle himalayenne tanguant beaucoup: Nico F nous explique la ligne à (essayer de) suivre. Rien d’exceptionnel (un bac et quelques rouleaux), mais le passage sur le toit est prohibé. Pourtant JS aura esquimauté et Luc aura trempé son oreille droite… Juste après ce rapide nous passons dans le couloir des Samson (en référence à des colonnes de l’Antiquité), le point culminant de la profondeur du canyon. Viens ensuite un petit passage de rien de tout où Nico H se fend lui aussi d’un petit esquimautage. Et c’est le moment de la pause repas, avec le sandwich fait maison et les chips d’occasion de Nico Re, le tout toujours bien sûr dans un cadre sublime.

C’est reparti pour les deux tiers restants de la descente. On notera une petite frayeur pour Luc et Nico H qui seront passés dans une chatière assez malsaine. Et c’est l’approche sur le fameux, le très redouté rapide du Styx (oui, la plupart des rapides ont une origine remontant à l’Antiquité). A l’instar de la galerie menant aux Enfers, ce rapide débute dans un couloir assez impressionnant avant de s’engouffrer sous terre (oui oui! Un rapide souterrain!) dans un virage à gauche. Toute erreur est strictement interdite car la cavité, très profonde, siphonne énormément, rendant donc toute opération de sauvetage difficile voire impossible. Nico H, Nico Re et Julie ne tentent pas le grand voyage et nous retrouvent donc à la sortie. Ce rapide marque le passage à mi-parcours.

Nous enchaînons ensuite jusqu’au rapide de l’Imbut, dont le nom signifie « fin du voyage ». Prévoyez une frontale car ce rapide, enseveli sous un gigantesque chaos, est entièrement souterrain. D’après Ronan, c’est dans ce genre de rapide que « la sortie est indiquée par un nain tenant une clé ». Nous n’avons pas vu le nain mais nous avons vu ses amis les crapauds. La sortie étant totalement obstruée, il faut débarquer et sortir un à un les kayaks puis les kayakistes. Dans l’histoire, le kayak de JS se fait la malle ainsi que sa gourde et son pot de noix. Tout est cependant promptement récupéré.

Nous continuons sur le portage d’un double siphon intégral puis sur le rapide de l’équerre. Pas d’histoire latine ou autre folklore, une équerre bête et méchante. Tellement méchante que Luc cartonne sa pointe avant et que Julie esquimaute après une marche arrière maîtrisée. Les hostilités se terminent ici. Désormais commence la queue du lac de Sté Croix, signe que nous sommes presque arrivés! La légende parle de superbes sirènes en monokinis montées sur pédalos. Il n’en sera rien. Nous avons bien vu des pédalos, mais point de sirènes montées dessus. Lors du débarquement, Nico Re se paie le luxe d’un bain de boue et en fait même profiter son kayak et ses chaussures.

Et c’est parti pour la navette: 1h30 de pilotage pour Luc et Nico H, 1h30 de discussions pour les autres tout en admirant le coucher de soleil sur le lac. Puis une fois rentrés au camping, nous cherchons un endroit à Moustiers où nous restaurer. Nous choisissons un bar fort sympathique qui nous a servis des plateaux de fromages et de charcuterie, le tout accompagné de croque-monsieurs et d’une carmélite triple pression (sauf pour Julie, elle a 14 ans quand même, faut pas déconner!).

[Bonus] Dimanche 16 septembre

Pour rentabiliser le weekend (800km cumulés sur deux jours quand même!), nous décidons de naviguer sur la partie basse de la Bonne du Pont Haut jusqu’à la confluence avec le Drac. Pas de navette interminable, pas de rapide exotique nommé en mémoire du roi Rocky IV, juste un parcours détente en classe III histoire de bien conclure le weekend.

L’embarquement est à la limite de l’illégalité (doux euphémisme!) puisque nous escaladons les clotûres du barrage de Pont Haut (en travaux) pour y embarquer au pied, le tout sous les yeux des caméras de surveillance placés tout autour des installations d’EDF. Peut-être aurons-nous un comité d’accueil à l’arrivée ou au départ? Qu’à cela ne tienne, nous avons toute la descente (1h30) pour inventer un pipeau à jouer auprès du garde champêtre.

Embarquement sous le barrage

Comme il fait beau Luc décide de sortir le k-way manche courtes. Le début est tout gentil et permet donc d’apprécier le paysage, tout en étant moins stressé (ici, si vous vous mettez une boîte, à part un bain froid, vous ne risquez rien!). Arrive un rapide un peu chaotique où Nico Re baigne et perd sa pagaie. Luc file pleine balle devant pour tenter de la récupérer, sans savoir qu’en réalité elle s’est coincée sous un bloc du rapide où Nico Re a baigné. 15 minutes plus tard, nous repêchons la pagaie et pouvons repartir.

Nous arrivons à la confluence avec le Drac, sous le pont de Ponsonas, pont réputé pour son à l’élastique. Nous avons bien sûr fait une pause afin de voir une personne sauter du pont, spectacle intéressant et surtout très drôle! Puis c’est la fin de la descente. Nous débarquons au milieu d’un terrain EDF (mais là c’est moins grave car seule l’entrée est interdite, pas la sortie). Puis c’est le retour sur Lyon.

Merci à Nico F pour l’encadrement. Le montage vidéo est en ligne dans la section « Vidéos » du site.